15 % des Français ont souffert du froid chez eux l'hiver dernier

Selon un rapport de l'ONPE, la précarité énergétique a toutefois diminué entre 2013 et 2017, notamment en raison de la météo.

15 % des ménages ont souffert du froid chez eux au cours de l’hiver 2017-2018. C’est l’une des conclusions alarmantes du rapport de l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) rendu public le 23 novembre. Parmi les déclarants, 40 % estiment que ce froid est dû à une mauvaise isolation de leur logement et 28 % considèrent que c’est leur installation de chauffage qui est insuffisante. Pourtant, 3,6 millions de ménages ont bénéficié du «chèque énergie» en 2018. «Réussir la transition écologique suppose d’embarquer tout le monde, y compris les plus fragiles. N’oublions pas que s’éclairer, se chauffer, vivre dans un logement sain, se déplacer, c’est un droit», met en garde Arnaud Leroy, président de l’ONPE et du conseil d’administration de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), en introduction du rapport.

Autre constat de l’observatoire, 11,6 % des Français dépensent plus de 8 % de leurs revenus pour payer leur facture énergétique alors qu’ils appartiennent aux 30 % des ménages les plus modestes, ce qui les place de fait en situation de précarité énergétique. Ce sont donc 3,3 millions de ménages, soit 6,7 millions d’individus, qui se retrouvent dans ce cas selon les chiffres du rapport. Ce taux de précarité varie notablement selon les zones géographiques : de 7,4 % en Paca à 24,3 % dans la région Grand est.

Toujours selon l’observatoire, 68 % des personnes interrogées considèrent par ailleurs que la consommation d’énergie constitue un sujet de préoccupation important dans leur vie, quand un ménage sur dix déclare rencontrer des difficultés pour régler ses factures énergétiques.

Ces indicateurs préoccupants sont néanmoins plutôt meilleurs que les années précédentes, la proportion de ménages en situation de précarité énergétique consacrant plus de 8 % de ses revenus aux dépenses d’énergie et appartenant au tiers des ménages les plus modestes ayant «diminué entre 2013 et 2017, passant de 14,5 % à 11,6 % en France métropolitaine», précise le document de suivi annuel qui explique notamment cette amélioration par des conditions météo plus clémentes. Autre raison de cette embellie des chiffres : l’amélioration des performances énergétiques du parc de logements et la baisse de la consommation. Mais les raisons de cette diminution sont surtout économiques : près d’un tiers des ménages français déclare avoir restreint sa consommation d’énergie pour des raisons de coût au cours de l’hiver 2017-2018.

Si le prix hors taxe du gaz et du fioul a baissé sur la même période, la fiscalité énergétique a plutôt augmenté. Et la part de ménages déclarant que les factures de gaz et d’électricité représentent une part importante dans les dépenses de leur foyer a augmenté depuis 2016, passant d’environ 55 % à 65 %.

Aurélie Delmas et Clara Dealberto
Source : Libération, 28 novembre 2018